House of Cards, le château de cartes de Netflix

Grosse surprise avec cette série dont le synopsis n’a, à la base, rien pour me plaire, puisque la série traite de politique et de jeux de pouvoir, or moi et la politique… bof-bof.
Mais en fait, c’est trop bien ! Alors oui, effectivement, on est en plein dans la politique, car on se retrouve au cœur de l’action à la Maison Blanche, dans un univers impitoyable où règne la trahison, les coups bas (pour rester polie), la course au pouvoir, quelques petits meurtres aussi, et tout ça sur fond de manipulation bien présent, mais pour quelqu’un qui n’est pas vraiment fan de ce genre d’univers, je peux vous dire qu’à chaque fin de soirée-série-plaid-thé-gâteau, j’attends la suite avec impatience ! Avant de vous en dire plus, une petite présentation de la série s’impose.

RÉSUMÉ DE LA SÉRIE

House of Cards se déroule à Washington DC, principalement à la Maison Blanche. L’histoire s’articule autour du couple Underwood. Frank Underwood, interprété par Kevin Spacey, est membre du Parti démocrate, coordinateur de la majorité parlementaire au Congrès des États-Unis et représentant du 5e district de Caroline du Sud. Claire Underwood, sa femme (à moitié mante religieuse la dame ^^) est directrice d’une ONG environnementale.
Couple plus qu’ambitieux, très soudé, et un peu égocentrique, les Underwood n’ont qu’un seul objectif : conquérir le pouvoir. Et pour cela, ils sont prêts à tout ! Rois de la manipulation et de la trahison, ils sont fourbes et n’hésitent pas à détruire quiconque se mettra sur leur chemin. Moi je vous le dis, mieux vaut ne pas les avoir en ennemis ces deux-là, ni même en amis.

HISTORIQUE

House of Cards est la toute première production originale de Netflix. Cette série télévisée américaine a été créée par Beau Willimon et réalisée, notamment, par David Fincher. Il s’agit de l’adaptation de la série britannique Château de cartes, elle-même adaptée du roman de Michael Dobbs, un vrai château de cartes cette série. 😉

House of Cards compte au total 6 saisons, mais n’est désormais plus produite. Chacune comporte 13 épisodes de 55 minutes (qui passent bien trop vite), excepté l’ultime saison, la 6, qui ne compte que 8 épisodes.

Diffusée dès le mois de février 2013 au Québec et en Belgique, elle arrive en France en août 2013. Les trois premières saisons sont diffusées sur Canal+, les suivantes sur Netflix.

House of Cards a reçu de nombreux prix, avec 33 nominations aux Primetime Emmy Awards, 8 nominations aux Golden Globe, et une multitude de critiques positives. Oh, en voilà une belle transition pour vous faire part de mon avis sur cette série !

DES PERSONNAGES ET DES TEXTES SOIGNÉS

Qu’il s’agisse de Doug Stamper, de Catherine Durant, de Raymond Tusk, pour ne citer qu’eux, les personnages sont criants de vérité. On voit le travail d’écriture et de réflexion qui a été fait, tant par les textes que par leur histoire personnelle et leurs personnalités.

Cette série nous offre des joutes verbales rythmées, avec un maniement du vocabulaire maîtrisé à la perfection, si bien que plusieurs interprétations sont possibles (et voulues sans doute).

Tous les acteurs incarnent leur rôle avec brio, de la femme fatale impitoyable à la cruche écervelée. Il y a les fidèles, que rien ne peut détourner de leur chemin, alors que la plupart d’entre nous ne supporteraient pas d’être traités ainsi, il y a les requins aux dents longues, pour qui on espère une bonne petite claque histoire de les remettre à leur place, et d’autres sont plus naïfs ou plus purs et ne font pas de vieux os.

Bien sûr, les acteurs qui jouent les Underwood sont les plus incroyables dans leur interprétation, sans parler de leur charisme, classe et élégance, ou de leur sang-froid et de leur cruauté redoutable. Le plus bluffant reste de les observer ne laisser transparaître aucune émotion, pendant toute la série ou presque. À ce titre, suis-je la seule à m’être posé ce genre de questions : « Il le pense vraiment ou c’est encore un traquenard ? » ; « Elle pleure pour de vrai ou pas ? » ; « Il est sincère là ? ».

Claire et Francis Underwood – House of Cards saison 5

J’ai également apprécié les pointes d’humour et de sarcasme présentes durant toute la série, des petits pics bien écrits et bien sortis. Dommage que je ne retienne jamais les bonnes répliques à ressortir au bon moment.

« Il y a deux sortes de douleur. Celle qui te rend fort, ou la douleur inutile, celle qui ne te fait que souffrir. Je n’ai pas de patience pour les choses inutiles.« 

« Pour ceux d’entre nous qui gravitent au sommet de la chaîne alimentaire, il ne peut pas y avoir de pitié. Que la boucherie commence. »

Francis Underwood

UNE AMBIANCE SOMBRE ET DES INTRIGUES INQUIÉTANTES

Quand je dis sombre, ce n’est pas dans le sens thriller ou film d’horreur, mais davantage dans le sens où il faut se méfier de tout et de tout le monde, tout le temps, mais surtout des Underwood. Bien entendu, chacun essaie de s’en sortir comme il le peut dans cet univers impitoyable, où il n’y a aucune place pour la faiblesse, au risque de se faire bouffer tout cru. Résultat : tout le monde se tire dans les pattes, se trahit et se ment. Certains personnages ont toutefois des affinités entre eux, qui peuvent les rendre plus forts, ou pas, face aux gros méchants.

Les intrigues (et pas que politiques) se succèdent et s’entremêlent sans discontinuer, ce qui n’est pas toujours simple à suivre par moment. Parfois prévisibles et d’autres fois véritables surprises, les retournements de situations nous laissent souvent « sur le cul ».

QUELQUES BÉMOLS

Comme je l’ai déjà dit, j’ai aimé cette série, mais cela n’empêche pas d’émettre quelques réserves. Tout ceci est très personnel et n’engage que moi.

Tout d’abord, il s’agit d’une histoire politique américaine, avec un mode de fonctionnement propre aux États-Unis, qu’il n’est pas toujours simple de comprendre, surtout pour les personnes qui comme moi, n’ont aucun intérêt envers la politique. Républicains, démocrates, congrès, primaires, etc., cela ne m’a pas empêchée de comprendre la série, mais il a fallu s’y habituer.

Ensuite, même si les Underwood ont connu quelques mauvaises passes, des retournements de vestes et ont parfois été un peu malmenés, ils s’en sont toujours bien sortis, grâce à leur cruauté, leur absence de compassion et leur intelligence. Et moi, ça me rend folle que les pourris s’en sortent toujours, voire en tirent parti pour être encore plus forts. Je n’ai jamais été aussi mal polie devant une série. 😉

ZOOM SUR LA SAISON 6, MA PLUS GROSSE EDCEPTION

Enfin, je terminerai en parlant de la saison 6 qui met fin à la série. Alors que le dernier épisode de la saison 5 promettait du très lourd (après un début de saison que j’ai trouvé un peu mou, à l’instar de la saison 4), la saison 6 est une énorme déception…

Plus de Francis Underwood, disparu de la série sans crier gare, je ne vous dis pas comment pour ne pas vous spolier. On sait ce qu’il lui est arrivé, mais le sujet est très vite abordé, on n’entre pas dans les détails.

D‘ailleurs, les détails sont bien moins travaillés dans cette ultime saison, ça sent la restriction de budget, terminé l’armada d’agents du secret service en charge de la protection des Underwood, l’armée de figurants, etc. Ne voulant pas vous en dire trop, je n’ai pas précisé, mais le couple a évolué dans ses fonctions respectives. Ainsi, dans la saison 6, Claire Underwood se balade quasi librement sans agent de la sécurité, ce qui ne colle pas du tout avec son statut.

Une petite recherche internet m’a appris que l’acteur Kevin Spacey était accusé de harcèlement sexuel à cette époque, et que la direction de la série a choisi de ne pas faire appel à lui pour le tournage de la saison 6. Il a donc fallu faire sans l’acteur phare et trouver un motif pour son absence.

J’ai maudit les producteurs de la série quand j’ai su que la dernière saison ne comportait que 8 épisodes au lieu de 13… Aujourd’hui, je les remercie d’avoir choisi de mettre un terme prématuré à notre souffrance.

La saison 6 est looongue, avec beaucoup de bla-bla, trop à mon goût. Ce n’est que mon avis, mais l’intrigue ne tient pas la route. Ils nous ont sorti de je ne sais où une famille hyper influente, et bien sûr pourrie jusqu’à la moelle, qui règne en quelque sorte sur le monde politique dans l’ombre. Cela pourrait se tenir si elle avait été présente dès le début de la série, mais là, elle tombe du ciel de la pire des façons.

Je comprends qu’il ne doit pas être simple de rebondir dans un tel contexte, et de trouver une suite, pourtant, les intrigues possibles ne sont pas ce qu’il manquait dans House Of Cards. Des personnages déjà présentés dans les autres saisons pouvaient revenir pour profiter de la situation, d’autres pouvaient choisir de se venger, etc.

Et je ne vous parle même pas de cette volonté de « faire bonne figure » dans ce contexte de harcèlement sexuel, comme pour se faire pardonner quelque chose. En tout cas, c’est mon impression, et cette promotion du féminisme était tout sauf naturelle pour la série : gouvernement 100% féminin, scènes entièrement orientées autour de la femme et de la grossesse, évènements caritatifs autour de la femme, etc.

Il y a quand même de bons passages dans la saison 6, quelques rebondissements inattendus, avec un projet qu’on sent mûrir et qu’on attend avec impatience, mais qui ne s’avère pas à la hauteur de ce que j’espérais. Et la série se termine sur une fin qui, à l’arrivée, n’en est pas une à mon sens : un coupable inattendu, car improbable, mais aussi aucune explication apportée, une situation tendue qui n’est pas désamorcée, des intrigues non résolues, etc.

Tout ceci n’est pas très vendeur, et pourtant, je vous assure que la série était vraiment captivante jusqu’à la saison 5 (malgré quelques épisodes un peu creux), et j’espère vous avoir tout de même donné envie de la découvrir si ce n’est pas déjà fait.