Trilogie « Ludivine Vancker », de Maxime Chattam

La Conjuration primitive
La Patience du diable
L’Appel du néant

Comme d’habitude (bon, ok, ce n’est que mon deuxième article sur mes lectures), je ne vous fais pas la présentation de l’auteur, parce que vous pouvez la retrouver partout sur internet. Par contre, je vous fais tout de même un bref (pas si bref) résumé des livres, qui, je l’espère, vous donnera envie de vous y plonger.

Je vous donne ensuite mon avis sur ces lectures, même si je précise encore que je ne suis pas « critique littéraire », ni même issue d’une filière littéraire, mais juste une passionnée de lecture assez bon public.

Résumés des 3 livres

Tome 1 : La Conjuration primitive, Albin Michel, 2013

Des crimes atroces sont commis par deux tueurs : la bête, qui laisse d’énormes morsures sur ses victimes, et le fantôme, qui lui ne laisse aucune trace. Le seul point commun entre ces meurtres est un signe, identique, que les deux meurtriers gravent sur le front des morts.
En parallèle, dans la région parisienne, un adolescent tente de pousser des gens sous un train en gare. Une fois de plus, un point commun rapproche ces différentes affaires, le même symbole mystérieux : *e.
Très vite, les meurtres se propagent à l’étranger.
L’enquête est finalement confiée à une brigade de gendarmerie de Paris, l’équipe dont fait partie Ludivine Vancker, dirigée par Alexis Timée.

Tome 2 : La Patience du diable, Albin Michel, 2014 et Editions Pocket, 2015

Ludivine, devenue lieutenant, et son équipe, interceptent un go-fast sur l’autoroute A1 reliant Lille et Paris. Tous s’attendaient à trouver un stock de drogue, mais quelle ne fut pas leur surprise lorsqu’ils découvrirent de la peau humaine pour tout chargement.
Les éléments découverts mènent alors la brigade dans une cave, où les agents vont découvrir un cadavre défiguré par la peur.
En parallèle, une série d’actes de violence se propage : deux adolescents font un massacre dans un TGV, une bombe explose dans un cinéma, une fusillade éclate dans un restaurant, un centre commercial est attaqué…
Ludivine est persuadée que tout est lié. Une nouvelle enquête hors norme commence donc pour la brigade, au sein de la cellule 666, baptisée ainsi pour l’enquête. Au fil de cette dernière, ils découvrent que tous ces actes sont le fruit d’une seule personne, qui manipule les gens pour en faire des kamikazes.

Tome 3 : L’Appel du néant, Albin Michel, 2017

Ludivine, encore traumatisée par son agression lors de l’enquête précédente, doit enquêter sur un nouveau meurtre. En effet, un cadavre a été découvert sur une voie de chemin de fer, avec en sa possession une grande quantité de drogue. Les enquêteurs sont tentés de croire à un règlement de compte entre trafiquants, mais Ludivine n’y croit pas. Jamais des trafiquants n’auraient laissé une telle quantité de marchandises. Cela sent la mise en scène pour les mener sur une fausse piste.
D’autres meurtres sont découverts, façon mi-tueur en série mi-actes de terrorisme islamique. C’est alors que Marc Tallec, agent de la DGSI, se joint à l’enquête.
En parallèle de l’enquête, le lecteur suit de courts chapitres sur l’histoire d’un Libanais, surnommé Djinn, qui mène un projet meurtrier.

Mon avis

Comme je l’ai déjà expliqué dans mon article sur la Trilogie de Mal du même auteur, j’aime beaucoup le principe de la trilogie, car il permet de mieux s’imprégner de l’ambiance. Ainsi, on a plus de temps pour découvrir les personnages et s’y attacher ou les détester.

Même s’il est préférable de lire les livres dans l’ordre, ces derniers ne se spoilent pas entre eux. Pour preuve, je me suis encore loupée, puisque j’ai lu le tome 2 en premier, suivi du 1, puis du 3.
J’ai juste été spoilée sur la mort de l’un des personnages du tome 1, dont je vais taire le nom pour ceux qui voudraient lire la trilogie évidemment. Du coup, j’ai été un peu déçue lors du passage sur son décès, car je m’attendais à quelque chose de plus « grand ». Le personnage est mort bêtement : ce fut rapide et évident, car il l’a bien cherché à prendre des risques inutiles. En d’autres termes, ce n’est pas une mort très « originale », et j’ai même cru pendant quelques minutes que ce n’était pas à ce moment qu’il allait mourir.

Concernant les personnages, j’ai adoré celui de Ludivine Vancker, une petite blonde fonceuse, que ses collègues aiment appeler « Ludinator » (en référence à Terminator). Elle a du chien sans être chiante ou antipathique, et en même temps, elle a aussi des faiblesses, notamment d’ordre sentimental. Pour résumer, elle est « commune », dans le sens où on peut facilement s’identifier à elle.

Couverture du Tome 1 « La Conjuration Primitive » aux éditions Pocket

J’ai apprécié sa relation amicale avec son collègue, Segnon Dabo. Très proches, ils se soutiennent, se protègent, se réconfortent (se font des câlins aussi), mais sans aucun dérapage. Après tout, Segnon est marié et père de famille.

Et surprise ! Devinez qui fait une apparition dans le premier tome ? Joshua Brolin ! L’un des personnages principaux (que j’ai beaucoup aimé) de La Trilogie du Mal. Bon, et comme j’ai lu le tome 2 avant les autres, j’avais déjà eu le temps de m’attacher à Ludivine et j’espérais un rapprochement entre les deux (ne m’en voulez pas, je suis un peu cul-cul la praline en ce moment).

Le Marc Tallec par contre, je ne l’ai pas aimé dès le départ ! Je ne le sentais pas. Ai-je eu tort ou raison ? Je ne vous le dirais pas, afin de ne pas vous spoiler.

À propos des histoires, il faut souligner que Maxime Chattam est vraiment doué pour la mise en scène de thrillers ! Les intrigues sont très bien trouvées et menées. Les atrocités sont assez présentes (heureusement pour un thriller), mais sans jamais en faire trop. Je l’ai déjà dit, mais il sait créer des personnages vraiment charismatiques et pour la plupart attachants. Par conséquent, on vit d’autant plus leurs aventures avec eux.

Couverture du Tome 2 « La Patience du Diable » aux éditions Pocket

Je m’en aperçois davantage, car je suis actuellement en pleine lecture d’un autre auteur du genre (pour lequel je ferai aussi des articles), mais avec lequel j’ai bien plus de mal. Je trouve que l’histoire part dans tous les sens, et surtout que la quasi-totalité de ses personnages, notamment les enquêteurs, sont borderlines et antipathiques.

Maxime Chattam a un style qui me plaît :

  • des descriptions ni trop longues (j’ai horreur de ça) ni trop courtes ;
  • des scènes qui vont « droit au but », sans chichi ni blabla ;
  • une lecture toujours facile, documentée, réaliste et prenante (un peu trop même, « allez un dernier chapitre et au dodo » – une heure après – « allez, encore un petit dernier ») ;
  • du suspens et de la peur (« oh non faites qu’il/elle ne meurt pas ! »).

Même si j’adore cet auteur, je dois tout de même admettre que la Trilogie du mal et la saga Ludivine Vancker se ressemblent beaucoup, aussi bien dans le style des meurtres (atroces) que dans la composition des équipes d’enquêteurs. M’enfin, ce n’est pas très dérangeant en soi (pour ma part en tout cas). Dans les deux cas, on retrouve une thématique récurrente, à savoir le raisonnement du lecteur et de l’auteur sur la noirceur de l’esprit humain, le mal que tout individu porte en lui.

Couverture du Tome 3 « L’Appel du Néant » aux éditions Pocket

Autre chose, j’ai bien aimé que dans L’Appel du néant l’histoire commence par la fin. Sans trop en dévoiler, Ludivine est retenue prisonnière par le tueur sur lequel son équipe enquête. Maxime Chattam retrace l’histoire à rebours, pour reprendre ensuite le fil normal de la progression. Dans ce tome, il y est question de terrorisme, de radicalisation islamique et d’Islam, des thématiques pour lesquels je n’ai aucun attrait particulier, et surtout pas dans mes lectures (ne criez pas au racisme, ce n’est juste pas mon sujet préféré). À un moment du roman, j’ai eu peur que ce soit trop orienté sur ces sujets, mais une fois de plus, c’est passé tout seul !

Ce que j’ai néanmoins un peu moins apprécié, même si j’en comprends parfaitement l’utilité et l’importance, ce sont les chapitres de Djinn, le Libanais, qui retracent son passé jusqu’à la mise en œuvre de son plan terroriste. Ce n’était pas les meilleurs moments de lecture pour moi, mais les chapitres sont courts, à savoir environ 2 pages, et je n’en ai sauté aucun, malgré une petite tentation (et j’ai bien fait).

J’espère que ce long article va tout de même vous donner envie de lire cette trilogie, si ce n’est pas déjà fait, et n’hésitez pas à donner vous aussi votre avis sur ces livres.