Pacific Rim – de Guillermo del Toro

En guise de 1er article ciné sur Les Boudineries, je tenais à vous parler de l’un de mes films préférés depuis l’année de sa sortie (soit 2013), j’ai nommé le merveilleux et l’unique Pacific Rim.

Réalisé par Guillermo Del Toro, à qui l’on doit entre autres Le Labyrinthe de Pan et Hellboy, ce film est fidèle à son style. Précis, stylé, coloré, ultra soigné visuellement. Quelques années ont passé depuis ma séance de ciné, mais il reste toujours aussi jouissif à regarder, bien que je l’ai déjà vu au moins 50 fois.

Faisons un point rapide sur l’histoire.

Au fin fond du Pacifique, une faille interdimensionnelle laisse passer d’énormes monstres venus d’ailleurs, les « Kaijus ». Ces derniers font des millions de morts sur leurs passages et épuisent les ressources naturelles de la planète. Vu la taille des bestiaux, les hommes sont impuissants avec leurs armes. Ils décident donc de les combattre en créant les « Jaegers », des robots surpuissants dont l’immensité ferait pâlir Optimus Prime et ses copains.

Chaque Jaeger est contrôlé par deux pilotes, reliés de façon neuronale à la « dérive », où ils partagent leurs souvenirs et émotions durant chaque mission. Comme vous pouvez vous en douter, les Kaijus finissent par s’adapter à leurs nouveaux ennemis, et les Jaegers finissent par tomber comme des mouches. Raleigh Becket (Charlie Hunnam) est alors rappelé pour piloter son ancien Jaeger, Gipsy Danger, qu’il avait abandonné après la mort de son frère (également son copilote).

Il fait la connaissance de Mako Mori (Rinko Kikuchi), jeune femme traumatisée par les Kaijus après la mort de ses parents, et qui aspire à devenir pilote pour se venger. Le postulat de départ est plutôt sympathique, mais il n’est pas sans rappeler certaines productions japonaises comme les Power Rangers, ou encore plus précisément Neon Genesis Evangelion. Comme je sais rester objective malgré mon amour pour ce film, je dirais même que nous sommes ici à la limite d’un petit « copier-coller » de cette dernière.

Commençons donc par le seul aspect trop faible à mon goût : le scénario. L’histoire est top sur le papier, mais en pratique, elle manque parfois de profondeur et de surprises. Les ficelles sont souvent grosses, et un spectateur avisé devine sans problèmes la suite de quelques scènes. Ce fut mon cas et celui de mon mari.

Quelle belle bête !

Autre défaut, les scénaristes ne se sont pas embarrassés de difficultés inutiles. Prenons par exemple Gipsy Danger face au plus gros Kaijus qui soit passé par la faille ! Dans cette situation, Raleigh et son copilote auraient dû en baver méchamment, surtout au vu des précédents combats qui les avaient déjà mis dans des situations périlleuses. Finalement, ce fut presque une partie de plaisir, grâce à une arme sortie de nulle part et dont personne n’avait entendu parler avant. Ils se sont donc retrouvés plus d’une fois aux portes de la mort avant cet affrontement, sans jamais s’être servis de cette solution miracle. Logique ! Personne ne justifiera sa présence par la suite, ni vu ni connu !

Les personnages quant à eux font leur job correctement, même si l’on peut déplorer le côté caricatural de certains. Je pense notamment aux deux scientifiques qui manquent cruellement de crédibilité, même si c’est aussi ce qui fait leur charme. Pour le reste, entre Raleigh torturé par la mort de son frère et Mako traumatisée par la disparition de ses parents, la thématique de la vengeance est très présente, peut-être trop à mon goût. Je trouve également dommage que Guillermo Del Toro ne se soit pas plus attardé sur le partage des souvenirs et émotions au sein de la « dérive ». Il y avait un bon coup à jouer pour rendre le film un tantinet plus « psychologique », mais malheureusement les rares scènes à aborder le sujet restent trop superficielles. Toutefois, nous sommes très loin du vide scénaristique de certains films (petite pensée émue pour Man of Steel), et ces facilités n’enlèvent rien à l’histoire dans laquelle je me suis complètement laissée immerger.

Deux points positifs du scénario ne sont pas à négliger :

  • Exit le patriotisme américain que l’on nous fait d’habitude manger à toutes les sauces dans les blockbusters de ce type. Ici, l’action se déroule à Hong Kong, et toutes les nationalités s’y côtoient pour sauver l’humanité. Aucune ne prend le pas sur une autre, et c’est appréciable.
  • Le lancement de l’action ! Pas de scènes inutiles, de familles qui s’aiment au petit déjeuner, etc. Le film démarre presque directement, à savoir environ dix minutes après le début. Là encore, c’est un choix judicieux qui évite de se retrouver avec 45 minutes d’images à jeter.

Mais, s’il y a bien une chose que personne ne peut enlever à Pacific Rim, c’est l’excellence de ses effets spéciaux et de sa photographie. Guillermo Del Toro est définitivement au sommet de son art visuel. Bien loin de la réalisation sans âme des films Transformers, il nous propose une photographie incroyable et des robots plus vrais que nature. Un travail d’orfèvre ! Honnêtement, lors du premier visionnage, j’ai bien passé la quasi-intégralité du film en admiration devant les différentes couleurs et textures. Sans parler de mes gémissements de satisfaction, comme le jour où j’ai déballé ma trilogie Blu-ray version longue du Seigneur des Anneaux (oh doux souvenirs de ces trésors emportés par mon ex). La taille que font les Kaijus et Jaegers est particulièrement étourdissante, ce qui contribue sans aucun doute à la puissance esthétique du film.

Les combats entre robots et monstres sont magistraux, les coups d’immeubles (qui leur servent de massues) font frémir, le tout servi par une fantastique bande-son de Ramin Djawadi (à qui l’on doit aussi le merveilleux générique de Game of Thrones). C’est impressionnant de beauté. Pour ma défense, le Godzilla de 2014 m’avait laissée de marbre. Je ne suis donc pas aussi bon public que j’en ai l’air. Del Toro a juste fait ressortir la gamine qui sommeillait en moi ! Et au final, peu importe les quelques petites faiblesses du scénario, on en prend plein les mirettes.

Mako à la dérive… (j’aime l’humour)

Pacific Rim est totalement taillé pour un public avisé. Guillermo Del Toro l’avait d’ailleurs très bien dit lui-même, « c’est un film qui s’adresse aux amoureux de monstres et de mechas ». Autant dire que si vous êtes plutôt branché Le Dîner de Cons, vous risquez d’être particulièrement désorienté. À l’inverse, si chaque parcelle de votre corps est geek dans l’âme, courez-y, vous me remercierez après !